Le Journal · N° 4 · Septembre 2026

Ce que le mistral fait à un volet

Trois jours de vent, un gond, et pourquoi nous vérifions d’abord la terrasse est.

Une maison de pierre sur la colline dans une lumière lavée par le vent

Le mistral vient rarement jusqu’ici. Il appartient au Rhône et à Marseille, et le temps de traverser le Var, il s’est généralement épuisé. Mais deux ou trois fois par an, il passe par les collines derrière Sospel plutôt que par la côte, et il arrive alors à Menton par le mauvais côté, du nord-ouest, par-dessus les toits, et trouve chaque volet qui lui fait face.

Il s’annonce la veille au soir. La mer devient plate et très sombre, les lumières de Bordighera montent plus nettes qu’elles ne devraient, et l’air sent le pin plutôt que le sel. Au deuxième matin, il a trouvé chaque loquet qui n’était pas mis et chaque gond fatigué. Le 12, il en a trouvé un sur la terrasse est d’une maison au-dessus de Garavan, et à midi le volet reposait sur la balustrade plutôt que sur ses fiches.

Il était remis à seize heures. Le gond était d’origine, en fonte, et rouillait tranquillement depuis dix ans sous une couche de peinture qui le cachait bien. Nous l’avons remplacé par le même modèle, chez le quincaillier de la vieille ville, qui en garde un tiroir parce que chaque maison de Garavan a le même problème au même endroit. Les terrasses est prennent le vent qui passe la colline ; celles face à la mer, non.

Alors quand la mer devient plate le soir, nous vérifions d’abord les terrasses est, dans chaque maison, avant que le vent n’arrive. Cela prend une heure. Cela sauve un volet, une vitre, et un paragraphe du Rapport que personne n’a envie de lire.

Federico